Les rois de Takon et d’Itasumba sont reçus par le président de l’Assemblée Nationale Louis Gbèhounou VLAVONOU ce Lundi 24 Mars 2024 au Palais des Gouverneurs. Ils sont en effet allés porter à l’autorité parlementaire des doléances pour la prise en compte de leurs royaumes par rapport à la loi sur la chefferie traditionnelle. C’est à ce ballet que se livrent beaucoup de cours royales au cabinet du Président de l’Assemblée Nationale depuis l’annonce du vote de la loi sur la chefferie traditionnelle au Bénin, les têtes couronnées.

Des délégations conduites respectivement par Sa Majesté OBA ILUFEMILOYE, roi de Takon, et Sa Majesté Bachirou O. AKINOLA, roi d’Itasumba, ont été reçues en audience. Leur objectif : soumettre des doléances à la représentation nationale, par l’entremise du président de l’institution, afin que justice et corrections soient apportées à leurs royaumes respectifs.
Takon revendique son statut de royaume

Firmin BIOKOU, ancien député, natif de Takon et prince du premier roi OBA ILUFEMILOYE de Takon, s’est confié à la presse parlementaire à l’issue de l’audience :
« Il a été question d’une doléance. La cour royale de Takon a sollicité cette audience auprès du président de l’Assemblée nationale afin que Takon soit considéré comme les seize autres royautés, car notre royaume existe depuis le XVe siècle. Nous en sommes aujourd’hui au 24ᵉ ou 25ᵉ roi. Ce n’est donc ni une jeune royauté ni une simple chefferie ; c’est un véritable royaume avec une lignée qui remonte jusqu’à Oyo, au Nigeria. Le président nous a écoutés avec bienveillance et nous a rassurés. Comme on le dit, nous sommes entrés avec notre idée, mais nous sommes sortis avec celle du chef, apaisés par ses propos. Il nous a rappelé que seul celui qui ne fait rien ne commet pas d’erreur et que des corrections seront apportées. »
Itasumba plaide pour la reconnaissance de son histoire

Parfait OLOUFADE, conseiller communal à Ifangni et porte-parole de la délégation du roi d’Itasumba, a quant à lui expliqué leur démarche : »Nous ne sommes pas venus réécrire l’histoire, mais la restituer, notamment celle du royaume d’Itasumba. En réalité, Itasumba est « Ita Ossumba », Osumba désignant celui qui est proche du roi, une sorte de premier ministre royal. Nous avons donc exposé oralement ces faits historiques au président de l’Assemblée nationale et nous préparons la publication d’un document retraçant cette histoire sans ambiguïté.
Nous avons été surpris de constater que notre royaume n’a été inclus dans aucune des trois catégories définies par la loi. Si Itasumba n’est pas reconnu comme tel, cela reviendrait à effacer jusqu’au nom du village. Lors des enquêtes menées, notre communauté n’a malheureusement pas été consultée. Cependant, nous repartons avec satisfaction, car le président nous a assuré que l’histoire d’Itasumba mérite d’être restituée. » Cette audience illustre la volonté du Parlement de prêter une oreille attentive aux préoccupations des rois et des communautés, dans le cadre de la mise en œuvre de la loi sur la chefferie traditionnelle
